Tenez-vous bien. J’ai vraiment hésité avant d’écrire cet article. D’abord parce que je souffre d’une sinusite chronique qui m’empêche de bien me concentrer. Ça, c’est la version officielle.
Ensuite parce que les lignes qui suivent sont définitivement polémiques.
Ça, c’est la version « officieuse ».
Autrement dit, je prends des risques en écrivant ces lignes. Elles risquent de vous déplaire. Parce que je vais sortir des sentiers battus. Parce que beaucoup de personnes aiment entendre ce qui leur plait, pas la réalité. Parce que l’un des livres les plus vendus de l’Histoire a un défaut majeur, que je vais révéler.
LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL A MAUVAISE REPUTATION
Souvent, j’entends des personnes dire que le développement personnel n’est qu’une secte. Une sorte de groupe réservé aux gens bizarres. Aux végétariens, aux fans de yoga, aux personnes naïves. Que c’est dangereux.
J’ETAIS COMME CA
En 2007, avant de me remettre en question, je pensais la même chose. J’avais du mal à être positif. A croire au changement. A me dire « je vais réussir ». D’ailleurs cette idée sonnait fausse. J’avais clairement abandonné mes rêves d’enfants.
MAIS TOUT A CHANGE
Sauf qu’un jour j’ai eu une révélation. J’étais responsable de ma vie et personne ne viendrait sonner l’alarme quand il sera trop tard. J’avais le choix entre utiliser mon énergie à me plaindre, ou l’utiliser pour avancer. Deux choix différents. Deux résultats différents, aussi. J’ai choisi la deuxième solution, ça a bouleversé ma vie.
Aujourd’hui, quelques années ont passé. Et j’ai tiré des leçons. Il y a certains travers dans lesquels je suis tombé, et j’aimerai vous les éviter. Je les appelle…
LES TROIS GRANDS MYTHES DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Le premier livre qui a modifié ma façon de penser est aussi celui dont j’ai désappris beaucoup de conseils. Son titre ? Réfléchissez et devenez riche de Napoleon Hill.
C’était sympa. Les idées étaient inspirantes. On passe un bon moment à le lire. On se sent bien. Mais c’était à peu près tout. En ne portant pas assez l’accent sur l’action il a donné naissance à ma première grosse erreur.
MYTHE NUMERO #1 :
IL SUFFIT DE BIEN VISUALISER CE QUE L’ON
VEUT POUR L’OBTENIR
Ce n’est pas exact. Pas plus que rêver de la lune nous téléportera dessus. Et c’est déjà le grand défaut de Réfléchissez et devenez riche. C’est un livre intéressant, bien écrit, inspirant. Mais c’est à peu près tout…
J’ai deux explications à cela.
Tout d’abord le principal intérêt d’un texte inspirant, à mes yeux, est de pousser à l’action. Mais agir sans suivre un plan intelligent n’est pas très utile. Or Réfléchissez et devenez riche n’offre pas de tel plan.
Deuxièmement, si je me visualise tout nu pendant plusieurs semaines ce n’est pas pour cela que j’ai vais me réveiller un beau matin sans mes habits. Donc plus sérieusement, je ne crois pas à la visualisation. Du moins pas à toutes ses formes.
CE QU’ON A OUBLIE DE VOUS DIRE SUR LA VISUALISATION
J’ai lu une dizaine d’études sur le sujet, écrites dans des termes techniques parfois incompréhensibles. Cela m’a pris plusieurs semaines pour décrypter le tout. Et j’ai trouvé ce que je cherchais.
Oui, la représentation mentale (détaillée) d’une performance améliore nos chances de réussite. Elle mobilise des neurones qui gravent l’action dans le cerveau aussi profondément que si l’on accomplissait réellement l’acte lui-même. C’est ce que soutien cette récente étude. Voilà, c’était la partie « chiante » de l’article.
COMMENT UN RAPPORT ANNULE DES SIECLES DE TEXTES SUR LA REUSSITE
Passons maintenant à la partie intéressante. Ce rapport met le doigt là où ça fait mal. De qui parle t-on ? De l’experte Gabriele Oettingen. Elle a passé plus de vingt ans de sa vie à analyser les conséquences – tant positives que négatives – des différents types de visualisation.
Sa conclusion majeure va vous intéresser car elle dégomme la visualisation créative. Selon elle il manque à cette pratique un élément qui fait toute la différence : le contraste mental.
Le contraste mental c’est le fait, après avoir visualisé la vie parfaite, de revenir à la réalité. De mesurer le fossé qui sépare la réalité de votre désir le plus fou. De visualiser cette fois le travail idiot et mal payé que vous avez en ce moment, par opposition au job de vos rêves. De constater le tas de ferraille avec lequel vous roulez si vous souhaitez une Ferrari.
Contrairement à la simple visualisation créative qui finit par nous faire croire, à force, qu’on a déjà atteint ce que l’on vise, le contraste mental permet de créer la motivation nécessaire au changement de notre situation. On passe alors du rêve aux obstacles concrets à dépasser pour s’en rapprocher et l’atteindre.
CE QUE FREUD PEUT NOUS APPRENDRE SUR LA VISUALISATION
D’ailleurs Freud disait la même chose. Pour lui « le fantasme forme une image de notre désir qui suffit à nous fournir une gratification ». C’est un peu comme l’addiction à la pornographie sur Internet, où les images remplacent les personnes réelles.
C’est le même problème créé par la simple visualisation créative. A force d’imaginer que je suis beau, riche ou heureux je finis par me créer une image de la réalité qui fait office de mensonge. Je prends du plaisir à y croire, et j’oublie ma vraie situation. Et si je suis déjà très heureux je n’ai aucune raison de changer vers le mieux.
LA TECHNIQUE QUI M’A LE PLUS MOTIVE A CE JOUR
Quand je me suis rendu à Rome en 2009 c’est cette technique qu’a utilisé Anthony Robbins sur son auditoire. Il nous a demandé d’imaginer le plaisir ressenti par une vie rêvée. Puis la douleur de notre vie actuelle, si éloignée de ce doux rêve. L’écart est si grand qu’il pousse presque immédiatement à l’action. J’avais déjà envie, juste après, de quitter la salle pour avancer vers mes nouveaux projets – alors qu’il restait plusieurs jours de formation ! En rentrant j’ai changé mes habitudes alimentaires. J’ai redoublé d’efforts pour apprendre l’anglais. Et quelques semaines plus tard je lançais ce blog, preuve de l’efficacité de cette technique.
Alors bien sûr les sceptiques constateront qu’elle ne crée pas l’optimisme. Imaginer qu’on est loin de la ligne d’arrivée et donc qu’il ne faut pas traîner – sinon on ressentira cette douleur toute notre vie – n’est pas très optimiste. C’est tant mieux, car ce n’est pas l’objectif de cette technique.
Elle permet surtout d’agir. C’est bien plus important. Il est préférable de mettre la main à la patte que d’y croire si aveuglément qu’on fini par ne rien faire – parce que de toute façon « ça va nous arriver » et qu’on en est convaincu.
C’est l’objet de la deuxième erreur.
MYTHE NUMERO #2 :
IL SUFFIT D’Y CROIRE SUFFISAMMENT
POUR QUE CELA ARRIVE
J’ai lu ceci dans un livre un jour : « entre le rêve et la réalité il n’y qu’un pas ». Je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas qu’un simple et unique pas. Si c’était le cas tout le monde mènerait déjà la vie qu’il veut et aurait les résultats qu’il désire. On vivrait tous au pays des bisounours.
En réalité l’écart entre le rêve et la réalité n’est pas grand. Il est IMMENSE. C’est le même qui sépare le savoir de l’action. Un pas peut-être, mais un pas de géant.
Voilà pourquoi ce sont avant tout nos actes qui définissent nos résultats. Ainsi pour être efficace la pensée positive doit être liée à l’action. Sinon elle n’est que pure illusion.
Le pauvre s’adonne au monde de la visualisation mais oublie celui de l’action
- Jordan Belfort
LES LIMITES DE LA LOI DE L’ATTRACTION
Le phénomène Le Secret a beau être un best-seller, pour moi, il a un défaut majeur. Un peu comme un emballage réussi qui cache une coquille vide.
Il ne met pas suffisamment l’accent sur l’action. Si je caricature il suffirait de demander à l’Univers ce que l’on veut, et d’y concentrer toutes nos pensées pour l’obtenir. Mince alors, pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ?
Certes, il est préférable de penser « comment réussir ? » plutôt que « comment échouer ? ». Mais si je me demande comment trouver une solution et que je ne l’applique pas une fois trouvé je peux toujours invoquer l’Univers . Et attendre. Longtemps. A mon avis il ne se passera pas grand chose…
VOICI COMMENT SAVOIR SI VOUS ETES SUR LA BONNE VOIE
Pour peaufiner ma démonstration laissez-moi vous poser une simple question.
A votre avis, qui a le plus de chance de réussir ?
Celui qui y croit fermement, aveuglement, en attendant que tout lui tombe du ciel ? Qui se persuade que tout arrive sur un plateau. Qui s’imagine le résultat voulu.
OU
Celui qui n’y croit qu’à moitié mais continue d’agir ? Qui se bat tous les jours, en posant des actions concrètes vers ce qu’il vise. Qui donne réalité à ce qu’il veut.
Evidemment ces questions partent du principe que l’on doit savoir avec précision ce que l’on veut. En ce sens je rejoins les conseils de Napoleon Hill et de Rhonda Byrne, auteurs respectifs de Réfléchissez et devenez riche et de Le Secret.
Pour le reste j’ai dit ce que j’avais à dire.
MYTHE NUMERO #3 :
UN PRODUIT DE DEVELOPPEMENT PERSONNEL
SE CONSOMME COMME TOUT AUTRE PRODUIT
On arrive aux choses sérieuses. Si vous ne pouvez lire que quelques lignes alors lisez les suivantes. Ce sont les plus importantes.
J’ai dit plus haut que certains livres sont sympas à lire. C’est le cas de Réfléchissez et devenez riche. C’est aussi le cas avec Le Secret. De même quand on se rend à certains séminaires on passe un bon moment. On fait des bonnes rencontres. C’est marrant, c’est sympa, on s’amuse bien. Et puis on oublie.
Récemment un ami expliquait s’être rendu à un séminaire sur l’écriture. Et qu’il a été déçu par le contenu. Puis, il dit que ce n’est pas si grave car il a fait des rencontres intéressantes. Qu’il a noué des contacts. Qu’il a passé de toute manière un bon moment.
Vous ne voyez rien qui cloche ? Vraiment ?
LA QUESTION QUI DERANGE
Voici la vraie question à se poser :
Pourquoi achetez-vous un livre ou une formation de développement personnel ?
Est-ce pour prendre du plaisir et passer un bon moment comme vous le feriez en visionnant la nouvelle saison des Simpsons ? Ou est-ce pour chercher et obtenir des outils, des conseils, des méthodes qui vous rapprochent de votre objectif ?
Bien-sûr on peut lier l’utile à l’agréable. Et les meilleurs pédagogues sont souvent ceux qui savent détendre l’auditoire, faire passer un bon moment au lecteur tout en lui apprenant des choses.
Mais si l’objectif principal était simplement de passer du bon temps, si c’était le cas ça ne s’appellerait pas développement personnel mais DIVERTISSEMENT personnel.
C’est la différence entre aller au cirque ou être un élève actif qui applique ce qu’il apprend. Qui fait, en quelque sorte, ses devoirs. Dans un cas on est spectateur, dans l’autre on est acteur.
LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL NE FONCTIONNE PAS
Ceux qui ne comprennent pas cette distinction ont raison de dire que le développement personnel ne donne pas de résultat. C’est tout aussi inefficace que de vouloir construire un meuble simplement en lisant la notice. A un moment ou à un autre je devrais tout de même prendre mes outils et enfoncer les clous, visser les vis et encastrer les pièces.
Donc non, désolé si vous pensez ceci, mais un produit de développement personnel n’est pas fait pour être « consommé ». Il est fait pour être appliqué. C’est totalement différent.
Si vous mettez le mauvais carburant dans votre voiture ça ne veut pas dire qu’elle ne peut pas rouler. Elle a surtout besoin de la bonne essence. De même si vous vous servez mal des méthodes de développement personnel, en les lisant comme des romans, alors ne vous étonnez pas de pas obtenir le résultat promis. Si c’est le cas vous êtes le premier responsable.
Delfine Ouellet Réponse :
novembre 17th, 2011 at
Oui se voir dans le futur nous ouvre un espace dans l’imaginaire car c’est aujourd’hui que l’on créer se que l’on sera demain. Quelques fois il faut se bousculer soit même pour être capable de se déplacer vers sa propre destination. Et quelques fois il y a l’entourage qui ne suit pas mais ça il faut se dire que c’est son affaire car il finira aussi par avancer a sa petite vitesse. On est tous sur la même autoroute , celle du connais-toi toi-même. Faut bouger tout en pacifiant autour. Bonne chance à tous
Delfine
[REPONDRE]